On se questionne peu sur l’origine des variétés de fruits et légumes qui nous sont offertes à l’épicerie et au marché. On sélectionne plutôt nos poireaux et nos carottes comme s’il y avait un concours de beauté dans le frigo. Nos aliments, on les veut éclatants, appétissants et, si possible, aussi parfaits que le gazon vert vif de la coquette-maison-de-banlieue-qui-fait-rêver. Discrètement, quelques jardiniers historiens travaillent pour faire revivre les plantes qui poussaient dans les jardins et les potagers de nos grand-mères. Il y a à peine 100 ans, la multitude de fruits et légumes cultivés au Québec était incomparable avec ce que nous retrouvons dans les commerces contemporains. Les plantes ornementales, médicinales et comestibles sont nombreuses à avoir été reléguées aux oubliettes parce qu’elles ne répondaient pas aux critères de l’ère industrielle. Trop fragiles lors du transport, pas assez uniformes, pas assez belles…ces variétés ne sont pas rentables. Aux quatre coins de la belle province, quelques artisans de la terre mettent tout en œuvre pour faire renaître des cultivars issus d’espèces en voie d’extinction ou sauvegarder des plantes rares. Le moteur de leurs actions, leur combat: La biodiversité. À travers les semences qu’ils font revivre et qu’ils nous offrent, ils racontent une histoire. Ou plutôt ils préservent une histoire. La nôtre. Les semences du terroir québécois sont adaptées à notre climat et sont issues d’une propagation à pollinisation libre, ce qui vous donne la liberté de les propager vous-même par la suite. En prime, elles adorent les conditions de nos potagers domestiques. Elles n’ont pas été conçues pour être identiques et récoltées en même temps! Mettre de telles graines en terre, c’est faire germer des souvenirs. Mais, avant tout, c’est choisir de participer à la protection de ce qu’il y a de plus précieux pour nos enfants, nos petits-enfants, et tous ceux qui suivront: la diversité et l’authenticité. On nous parle sans cesse de pesticides, d’OGM, d’emballage plastique, de gaspillage, de commerce équitable, des coûts environnementaux liés au transport. Et si la solution se trouvait juste sous une pelletée de terre dans votre cours? Ou dans le bac qui verdit votre balcon urbain? Parce que ces histoires de semences tout droit sorties du temps des Filles de Caleb me rend un peu philosophe, je terminerai en vous disant: La nourriture est au centre de toutes les cultures. Elle est aussi au cœur d’immenses enjeux environnementaux et sociaux. Il ne suffit parfois que d’une graine pour faire germer une réflexion, un changement ou même une révolution…